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ÉMISSION IMMÉDIATE

La réanimation cardiorespiratoire sauve des vies, selon une étude

Jeudi 12 août 2004 / LE JOURNAL DE MONTRÉAL p:7

Toronto (PC) -La réanimation cardiorespiratoire (RCR) sauve des vies, confirme une étude inédite.

Jusqu'à 30 000 Canadiens meurent chaque année d'un arrêt cardiaque parce que les équipes d'urgence ne parviennent pas à les soigner à temps. Or, l'étude ontarienne démontre que la réanimation cardiorespiratoire pratiquée par les proches ou des passants sans formation médicale pourrait sauver des centaines de vies chaque année.

Cette étude, d'une durée de 10 ans, a porté sur les dossiers de plus de 10 000 patients de 17 villes ontariennes. On y a examiné les taux de survie après un arrêt cardiaque subi hors d'un hôpital et comparé ces taux lorsqu'il y a eu RCR pratiquée par de simples citoyens, lorsqu'il y a eu usage d'un défibrillateur, et lorsqu'un traitement plus sophistiqué a été administré par des ambulanciers spécialement formés.

Les chercheurs n'ont pas constaté de grande différence dans le taux de survie des gens qui ont été soignés par des pompiers ou d'autres intervenants formés aux premiers soins à l'aide d'un défibrillateur; et celui de gens ayant reçu des traitements plus poussés pratiqués par des ambulanciers. Mais la RCR administrée par de simple citoyens a entraîné la plus grande différence, conclut l'étude, qui paraît jeudi dans le New England Journal of Medecine.

<< Nous avons pu montrer que les patients qui ont bénéficié de la RCR pratiquée par de simples citoyens avaient beaucoup plus de chance de survivre>>, a affirmé le docteur Ian Stiell, principal chercheur et responsable de recherche en santé d'Ottawa.

Première étude

Les patients victimes d'un arrêt cardiaque étaient près de quatre fois plus susceptibles de survivre si quelqu'un, près d'eux, entreprenait une RCR, a dit le Dr Stiell en entrevue, mercredi, à Ottawa. Selon lui, c'est la toute première étude à faire clairement la démonstration de l'importance et de l'impact de la RCR appliquée par un simple citoyen.

L'étude a cependant révélé que c'est seulement dans 15 pour cent des cas que la RCR a été pratiquée par un citoyen en cas d'arrêt cardiaque, a poursuivi le chercheur.

Ce dernier a souligné qu'un arrêt cardiaque n'équivaut pas à une crise cardiaque. Dans le cas de l'arrêt, le coeur cesse subitement de battre correctement, on s'effondre, on cesse de respirer et on meurt en quelques minutes si quelqu'un ne commence pas à s'occuper de vous.

Dans le cas d'une crise cardiaque, causée par le blocage d'une artère coronaire, la victime éprouve habituellement des douleurs à la poitrine et d'autre symptômes, comme l'essoufflement, mais demeure consciente et son coeur continue de battre. Avec des soins hospitaliers d'urgence, 90 pour cent de ces patients survivent.

Source: Journal de Montréal / jeudi 12 août 2004  SOCIÉTÉ  page:7

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